La transmission représente un véritable levier de croissance pour l’entreprise et est une source de valorisation de votre patrimoine, à condition de bien la préparer en amont.

Or selon une enquête des Chambres de Commerce et d’Industrie menée entre 2009 et 2016, seul 49% de cédants qui envisagent de transmettre leur entreprise dans les deux ans ont commencé à préparer la cession de leur entreprise, alors que c’est une des principales recommandations des spécialistes de ces opérations.

Pourquoi anticiper ?

  1. Parce que vous allez changer de vie et que cela ne s’improvise pas sous peine de prendre des  risques inutiles.
  2. Parce qu’il est incontournable d’avoir  un «bilan de santé financier et humain» de votre entreprise.
  3. Parce que faire évaluer votre entreprise prend du temps, surtout si vous voulez un bilan humain reflétant la vraie valeur de votre entreprise.
  4. Parce que céder au bon moment est un élément clé pour la réussite de votre projet.
  5. Parce que rencontrer des repreneurs potentiels ne se fait pas par les réseaux sociaux. 

Céder son entreprise est un acte de gestion qui ne se fait pas sans préparation et ne s’improvise pas. 1 entreprise sur 3 est dirigée par un chef d’entreprise de plus de 55 ans  dont plus de 10% ont plus de 20 salariés. 185 000 sont susceptibles d’être cédées chaque année,  avec 750 000 emplois concernés. (Estimation CROCIS de la CCI Paris Ile de France – 2016;- et- Les chiffres de la transmission d’entreprises en France -Economie.gouv.fr -05/10/2016). Faute d’anticipation, des milliers d’entreprises disparaissent chaque année avec une perte de valeur importante pour l’entrepreneur. Se préparer à transmettre son entreprise, c’est veiller, plusieurs années à l’avance, à anticiper les conséquences de la cession pour soi-même, tout en optimisant ses chances de trouver le « bon » repreneur dans les meilleures conditions pour l’entreprise. A chaque étape du processus et sous tous les angles de vue, il s’agit de se poser les bonnes questions.

>> Changer de vie ne se fait pas dans l’improvisation.

Il est important de se demander, avec plusieurs années d’avance :

  • Suis-je prêt à passer le flambeau ?
  • A quelle échéance ?
  • Quelle conséquence pour mon entourage si je ne parviens à céder l’entreprise ?
  • Changer de vie… pour quoi faire ?
  • Quelles sont mes motivations ?
  • Quelles seront les répercussions de la cession sur mon patrimoine et sur mes revenus ?
  • Quel type de repreneur serait idéal pour mes collaborateurs ?
  • Quelle conséquence pour mon entreprise et ses salariés si je ne parviens pas à céder l’entreprise, ou trop tardivement ?

Se préparer à négocier cette cession passe par la prise de connaissance des actions à mener pour transmettre son entreprise dans de bonnes conditions. Alors  faites-vous aider par un professionnel, un conseiller de longue date, un proche, un coach, qui vous posera les bonnes questions sans détour ! Environ 18 à 24 mois avant la cession, effectuez un bilan patrimonial avec un professionnel compétent ou un acteur reconnu en matière de gestion patrimoniale de la transmission d’entreprise. Documentez-vous également très en amont, toujours avec un professionnel compétent ou un acteur reconnu en matière de transmission, sur les dispositifs d’allègements fiscaux en vigueur. Il serait dommage de passer à côté en s’y prenant trop tôt ou trop tard…

>>Il est sage de soumettre votre entreprise à un « bilan de santé ».

Idéalement 5 ans à l’avance, il est utile de se placer en état de veille avertie, en faisant réaliser un diagnostic. Sur cette base, vous pouvez vous mettre à la place d’un candidat-repreneur en vous interrogeant…

  • Mon entreprise peut-elle continuer à se développer ?
  • En a-t-elle les moyens productifs, financiers, humains ?
  • Quels sont ses atouts, ses faiblesses ?
  • Suis-je à jour au niveau de la réglementation, du respect des normes ?

Ce diagnostic est à réaliser de préférence avec le concours de professionnels spécialisés, afin de préparer votre entreprise à cette échéance sans négliger les affaires courantes. Et cela peut prendre de 1à 5 ans, car il faudra probablement par en passer par une série d’ajustements :

  • réinvestissements productifs.
  • arbitrages sur certains actifs (immobilier, brevets…).
  • recensement et arbitrage des litiges.
  • renégociation d’emprunts….

De plus il est constaté que les entrepreneurs qui n’anticipent pas la cession  voient la valorisation de leur entreprise baisser, rendant sa vente plus délicate voire impossible.

Faites vous aider pour  identifier  tout ce qui pourrait bloquer la bonne transmission de votre entreprise et surtout jusqu’à la cession effective, continuez à développer votre entreprise !

>> Faire évaluer votre entreprise prend du temps.

Combiner plusieurs méthodes est souvent nécessaire pour aboutir à une fourchette de valorisation pertinente. Réalisez l’évaluation de votre entreprise avec le concours d’un professionnel spécialisé, au moins 1 an avant l’échéance que vous vous êtes fixé pour la mise en vente pour la partie financiére. Pour la partie humaine, un diagnostique comportemental et un bilan d’équipe sera un plus pour décrire à votre repreneur les forces et qualités de votre équipe. cette analyse approfondie du comportement manageriale se fait entre 18 et 24 mois à l’avance.

Vous déterminerez ainsi une fourchette de valorisation et pourrez répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les atouts et faiblesses de mon entreprise ?
  • Suis-je conforté dans la décision de céder ?
  • Quelle doit être ma stratégie de cession ?
  • Quels sont les arguments à mettre en avant dans la négociation à venir ?
  • Sur quel potentiel humain pourra se faire la reprise?
  • Comment se passera la transition permettant au repreneur de prendre sa véritable place dans l’organisation?

Pour évaluer votre entreprise, votre lien affectif à votre entreprise ne vous donne pas toujours le recul nécessaire. Mieux vaut s’en remettre à un spécialiste neutre et expérimenté. Et avoir en tête que le repreneur rachète un potentiel HUMAIN et des actifs, pas  votre histoire.

>>Céder au bon moment est un élément clé qu’il faut définir à l’avance.

60% des transmissions d’entreprises se font sur le « marché caché », c’est à dire sans que l’information de la cession potentiel soit publique et connu des acteurs reconnus. L’hypothèse selon laquelle les cessions s’opèrent en majorité à l’approche de l’âge de la retraite du dirigeant de l’entreprise est fausse, car il apparaît que 83% des TPE et 67% des PME et ETI sont cédées avant 60 ans. En revanche, l’écart entre la volonté du dirigeant de passer la main et le nombre réel de reprise baisse nettement avec l’âge du dirigeant. Seuls 16,7% des dirigeants de TPE de plus de 60 ans ayant l’intention de céder leur entreprise y parviennent, contre 68,8% des dirigeants de moins de 40 ans.

>> Rencontrer des repreneurs potentiels ne se fait pas facilement.

Cette étape est la plus délicate, et peut prendre de 12 à 18 mois. Pour faire savoir que vous êtes vendeur et rencontrer des candidats à la reprise, soyez patient et ouvert. Les projets avancés de cessions n’aboutissent par ailleurs pas toujours (en moyenne 3 tentatives pour 1 réussite), le repreneur potentiel pouvant avoir plusieurs cibles, ne pas correspondre au profil adapté à votre entreprise… ou les négociations pouvant ne pas aboutir.

Le défi de la transmission est un défi autant démographique, qu’économique, que territorial. Démographique car près de 20 % des dirigeants des PME sont âgés de plus de 60 ans et plus de 60 % des dirigeants d’ETI ont au moins 55 ans : le nombre d’entreprises à transmettre dans les prochaines années va donc considérablement augmenter. Économique, car les montage financier et l’accompagnement des banques est de plus en plus difficile et lourd. Et territorial, car en France toute les régions ne sont pas égalitaire: certains bassin comme Auvergne, Rhône Alpes offrent beaucoup plus d’offres que d’autres régions. Sachez tirer parti de toutes les ressources possibles pour vous démarquer. Et notamment avec les associations d’anciens élèves. Environ 50% des repreneurs individuels sont d’anciens de grandes écoles ou membres de clubs d’universités.(CRA 2018)

Pour rappel 

Une Délégation sénatoriale (rapport Senat.fr aout février 2017), a identifié Les six maux de la transmission en France auxquels font face acteurs publics et privés en matière de transmission d’entreprise en France :

1) Une difficulté à obtenir des statistiques fiables sur les cessions et reprises. Cela a une conséquence directe sur votre projets : la difficulté de vous situer par rapport à d’autres projets.

2) Une information insuffisante sur les questions juridiques, et fiscales et RH tant pour les cédants que pour les repreneurs potentiels.

3) Un manque cruel de préparation dans le processus de transmission des entreprises.

4) Des difficultés de financement persistantes.

5) Un cadre fiscal et économique inadapté.

6) Une reprise interne par les salariés insuffisamment accompagnée pour être pleinement efficace.